Un an après le " Sommet pour l'Action sur l'Intelligence Artificielle " de Paris, la Région Hauts-de-France a voulu changer radicalement d'atmosphère. « Nous sommes passés du sommet de Paris, où c'était le sommet de la diplomatie, au sommet de Lille, qui est le sommet de la démocratie », résume Aurore Colson, conseillère régionale déléguée au numérique et à l'illectronisme. " Grand Sommet de l’IA avec nous " à Lille, dans les locaux d’EuraTechnologies, une des premiers pôles européens dédiés au numérique et à l’IA. L’événement a rassemblé, en effet, une diversité inédite d’acteurs : entreprises de la Tech ou non, citoyens, agriculteurs, salariés … Un contraste assumé après l'événement parisien, perçu comme plus institutionnel. L’objectif ? Ouvrir le débat à celles et ceux que l'IA concerne sans toujours les consulter.
L'impulsion est venue directement de Xavier Bertrand, Président de la Région Hauts-de-France, qui souhaite faire de l'IA « un marqueur de notre région » et positionner les Hauts-de-France comme « la vallée européenne de l'IA », explique Aurore Colson. Au départ, centré sur les équipements, le projet a rapidement évolué : « il y a aussi les usages, et donc il fallait que l’on traite des deux thématiques ». C'est cette double ambition, infrastructures et appropriation concrète, qui a finalement donné sa colonne vertébrale à l'événement.
Autour du sommet s'articule un festival qui mobilise l'ensemble du territoire régional, avec près de 400 événements recensés. Chaque acteur : France Travail, réseaux d'entreprises ou associations, a pu proposer un événement sur une plateforme ouverte.
Huit millions d'euros pour accompagner les collectivités
C'est l'une des annonces fortes du sommet : la région relance son AMI intitulé :" IA et territoire " avec 4 millions d'euros « francs et fermes », et potentiellement 4 autres millions d'euros mobilisables sur des fonds européens, résume Aurore Colson. L'accompagnement est pensé selon la maturité des projets, du bac à sable expérimental jusqu'aux solutions plus éprouvées. « Si c'est juste pour acheter une solution d'IA qui existe et qui est prouvée, ça n'a aucun intérêt. Là, c'est de la commande publique simple et nous n’avons pas à intervenir ». Le dispositif est ouvert à toutes les collectivités, quelle que soit leur taille : commune, intercommunalité, agglo. La Banque des Territoires pourrait également rejoindre le dispositif pour prendre le relais sur les projets que la région ne peut pas accompagner selon ses propres critères.
Pour que les annonces atterrissent au niveau local, la région a également prévu une tournée à partir de septembre, à la rencontre des maires et des élus au numérique. Elle associera différents acteurs pour aborder l'IA dans les services du quotidien, mais aussi la data et la cybersécurité. « L'idée c'est vraiment d'aller sur les territoires », confirme Aurore Colson, en soulignant que le renouvellement des exécutifs municipaux après les dernières élections crée une fenêtre propice : « Beaucoup nous disent, ça y est, là, maintenant, on part sur un nouveau mandat et on a envie d'expérimenter ».
Enfin, pourquoi la Région Hauts-de-France est-elle légitime pour être en première ligne sur l’IA ? Aurore Colson évoque plus de 250 chercheurs travaillant sur l'IA (dont certains à renommée internationale) ; du foncier disponible (en grande partie des friches réaménagées) ; une position de carrefour européen des connexions numériques ; sans oublier une énergie décarbonée à proximité. « Nous réunissons donc tous les éléments pour que l’IA soit une vraie opportunité pour notre région », conclut-elle.



