Vauréal fait partie de la vingtaine de collectivités françaises expérimentant un marché global de performance énergétique à paiement différé (MGPEPD). La collectivité valdoisienne de 16 000 habitants va bénéficier de cette solution de financement proposé par ACTEE et l’Ademe pour poursuivre ses travaux de rénovation énergétique sur 12 bâtiments. Un nouvel outil qui contribuera à ce que Vauréal atteigne ses objectifs : réduire de 60 % ses consommations énergétiques, de 70 % les émissions de gaz à effet de serre de ses bâtiments publics et de 30 % ses consommations en eau.
Rappelons que Vauréal a entamé sa démarche il y a une dizaine d’années. « Mon prédécesseur (dans le mandat 2014-2020) avait mené des études sur les énergies renouvelables. Le confort d’été et d’hiver est un sujet préoccupant qui ne cesse de prendre de l’importance », souligne David Bedin, premier adjoint chargé de l’Aménagement, de la Transition écologique et du Patrimoine bâti.
Diverses initiatives avaient été mises en place, comme l’installation de récupérateurs d’eau de pluie, la désimperméabilisation des cours d’école pour les transformer en cour oasis ou la modernisation de la majorité du parc de l’éclairage public en LED, couplé au pilotage à la demande avec l’application « J’allume ma rue ». L’équipe municipale continue de faire de la transition énergétique un axe fort de sa politique et rénove l’ensemble de son patrimoine public.
Se tenir au plan de sobriété
Vauréal a voulu internaliser les compétences pour poursuivre une politique globale cohérente. Cela s’est traduit en décembre 2023 par l’embauche d’une économe de flux. Grâce au programme ACTEE qui finance ce poste, Bénédicte Bourgoin a rejoint les équipes de la municipalité. « Déployer de l’IoT pour suivre les consommations demande un investissement que les communes n’ont pas forcément. La première chose à faire est d’éplucher les factures pour détecter les anomalies », conseille-t-elle. Bénédicte Bourgoin a réalisé un audit thermique de 17 bâtiments en trois mois. Le facteur humain, en sensibilisant aux bons gestes, est la seconde priorité. « Trop d’usagers ouvrent les fenêtres en période de chauffe au lieu d’indiquer que la température est trop élevée », déplore-t-elle.
Bénédicte Bourgoin a ensuite participé à l’élaboration d’un plan de sobriété, en établissant un plan d’action bâtiment par bâtiment, et en mettant en place pour leur gestion un contrat énergétique de performance. « Quand on baisse les consignes de températures à 18°C, il faut s’y tenir », affirme-t-elle. Pour prendre en compte le ressenti des usagers, des polaires ont été distribuées aux agents. Les capteurs de températures remontent leurs données quotidiennement dans la plateforme de Dalkia pour suivre chaque pièce. Entre 2023 et 2026, la baisse des températures et l'optimisation des systèmes existants a permis 25 % d'économies en kWh pour 100 000 euros d'investissement, financés dès 2025 par un intracting interne avec les économies générées sur les factures.
« En l’état actuel, nous n’avons pas besoin d’analyser plus de data et les GTB ne sont généralement pas utilisées », reconnaît l’économe de flux. La collectivité, qui met en avant l’importance de recourir à des matériaux biosourcés, est en train de rénover ses bâtiments publics par une isolation en paille.
Géothermie et solaire dans les tuyaux
La nouvelle étape qui s’ouvre à Vauréal, grâce au MGPEPD, est la création de deux boucles de géothermie de surface alimentant en chaud et en froid une douzaine de bâtiments publics jusqu’alors au gaz (trois groupes scolaires, trois sites culturels et trois gymnases). Cette énergie locale permettrait d’effacer 63 % de leurs consommations d’énergie. Les discussions en cours portent « sur le dimensionnement de l’installation », précise David Bedin avant d’ajouter : « C’est sur ces projets à haute valeur que la technologie est vraiment utile. » Le marché public de ce projet, d’un montant de 20 millions d’euros, devrait être lancé en 2026 à la suite de la consolidation financière, et les travaux devraient débuter en 2028.
La commune ne compte pas s’arrêter là : elle prévoit la mise en place d’un projet photovoltaïque de 1200 kilowatts crête avec une boucle d’autoconsommation collective. Celle-ci permettra aux habitants de partager l’énergie avec les établissements publics. « Elle sera effective à la fin de l’année, cela va nous conduire à réfléchir à une nouvelle manière de communiquer avec les citoyens », met en avant David Bedin. Bénédicte Bourgoin observe par ailleurs les projets de Rosny sur la ventilation naturelle. Et l’économe de flux de conclure : « J’aimerais ensuite étudier le solaire thermique pour stocker la chaleur dans le sol. »
La thématique des « bâtiments et énergie » sera abordée lors de l’un de nos EXPLOREX à l’événement REX, les 16 juin et 17 juin à Paris. Programme et inscription : https://www.rex-tcd.fr/



