Global Mobility Call attend plus de 8 000 visiteurs pour sa 4e édition, qui se tiendra du 9 au 11 juin à Madrid. Comment s’est-il imposé comme un événement de référence dans l’écosystème de la mobilité ?
David Moneo : Global Mobility Call (GMC) est conçu comme un environnement permettant de créer les conditions favorables au développement de projets, en combinant vision stratégique lors des débats et cas pratiques dans l’espace d’exposition. L’événement s’est ainsi imposé comme une plateforme européenne de référence en devenant un point de convergence entre politiques publiques, villes, industrie et innovation. Son format comprenant aussi du networking, ainsi que le soutien institutionnel d’Ifema Madrid et son alignement avec les priorités européennes, renforcent son rôle d’espace au service d’une mobilité durable, urbaine et centrée sur les personnes.
Quelle sera la thématique pour cette année 2026 ?
Cette édition met l’accent sur le partage de cadres de coopération, de modèles de gouvernance et d’expériences déjà opérationnelles dans différentes villes européennes. Car le dialogue entre administrations, opérateurs et entreprises technologiques favorise la transformation des idées en initiatives concrètes au-delà de l’événement, sur des bases solides et alignées avec les objectifs européens de durabilité. La mobilité centrée sur les personnes constitue en parallèle l’un des axes transversaux de GMC 2026. L’événement repose sur l’idée que la mobilité n’est pas une fin en soi, mais un levier pour améliorer la qualité de vie, l’accessibilité et l’équité dans les villes. Seront abordées des thématiques telles que l’inclusion sociale, la sécurité routière, l’accessibilité universelle et l’impact de la mobilité sur l’espace public, en cohérence avec les stratégies européennes de transition urbaine durable.
Avez-vous identifié une ville espagnole dont les projets pourraient inspirer les collectivités françaises ?
Plusieurs villes espagnoles développent des initiatives à forte portée européenne. Barcelone a progressé dans la réorganisation de l’espace urbain en donnant la priorité aux piétons et aux modes de transport durables. Madrid a mis en place des zones à faibles émissions dans le cadre d’une stratégie plus large de mobilité et de transport public. Valence a intégré la mobilité active à la planification urbaine après son titre de Capitale verte européenne. Ce sont des exemples concrets et observables qui peuvent inspirer les villes françaises confrontées à des défis urbains similaires.
L'IA s'est imposée comme une technologie clé dans tous les secteurs. Selon vous, dans quels cas d’usage l’intelligence artificielle est-elle la plus pertinente pour la mobilité urbaine ?
L’intelligence artificielle est particulièrement pertinente lorsqu’elle permet d’améliorer la prise de décision publique. Dans le domaine de la mobilité, elle joue un rôle clé dans la gestion du trafic, l’optimisation des réseaux de transport public, la planification fondée sur des données réelles de demande ou encore l’amélioration de la sécurité routière. À GMC, l’IA est abordée sous un angle stratégique, comme un outil au service de systèmes plus efficaces, durables et centrés sur le citoyen, dans le respect des principes de gouvernance, d’éthique et de transparence.
Plusieurs initiatives de transport autonome voient le jour en 2026, comme les taxis de Waymo à Londres. Que faut-il pour rendre le transport autonome plus sûr et accessible ?
Pour que le transport autonome devienne une réalité urbaine sûre et accessible, trois éléments sont essentiels : des cadres réglementaires clairs et harmonisés à l’échelle européenne, des expérimentations progressives en conditions réelles et une acceptation sociale fondée sur la confiance et la transparence. À GMC, le véhicule autonome est abordé avec prudence dans une perspective urbaine, comme un complément au système de transport existant — en particulier au transport public — et non comme un substitut généralisé.



