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Gestion de l’eau : le gouvernement vise une réduction de 10 % des consommations d’ici 2030

Gestion de l'eau

Comme annoncé, le gouvernement a dévoilé son plan d’action visant à améliorer la gestion de l’eau. Au total, 53 mesures qui ont pour principal objectif d’inciter les consommateurs (particuliers, entreprises, collectivités…) à plus de sobriété. Divers dispositifs pour favoriser la réutilisation des eaux usées sont également envisagés.

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Emmanuel Macron sur les rives du lac de Serre-Ponçon (Hautes-Alpes) pour présenter son "plan eau" le jeudi 30 mars.

Après la sécheresse historique enregistrée l’été dernier, les faibles précipitations hivernales laissent présager un été encore une fois très sec. Cette situation dessine le spectre d’une raréfaction durable de la ressource en eau, scénario annoncé depuis bien longtemps par les spécialistes, mais qui prend désormais une ampleur supplémentaire. Selon l’étude Explore 2070, les débits moyens annuels des cours d’eau en France métropolitaine devraient diminuer de 10 à 40 % d’ici 2050, et les épisodes extrêmes tels que les sécheresses et les inondations seront probablement plus fréquents.

 

Ainsi, comme dans le domaine de l’énergie, la mise en place d’une politique visant à inciter tous les consommateurs à plus de sobriété semble nécessaire. Aujourd’hui, en France, c’est l’agriculture qui utilise le plus d’eau douce (58 % des 4,1 Mds de m3 consommés par an), devant les ménages (26 %), les centrales électriques (12 %) et l’industrie (4 %).

 

Dans le cadre du plan d’action annoncé par Emmanuel Macron lors de son discours de Savines-le-Lac le 30 mars, tout le monde va être mis à contribution. Ce plan comprend 53 mesures destinées à organiser la sobriété des usages, optimiser la disponibilité de la ressource et préserver la qualité de l’eau. L’objectif affiché est de parvenir à réduire de 10 % la consommation globale d’ici 2030.

 

180 M€ par an pour réduire les fuites d’eau

Dès cette année, chaque territoire constituant un grand bassin-versant sera doté d’un plan d’adaptation au changement climatique précisant la trajectoire de réduction des prélèvements. Parallèlement, 50 sites industriels présentant un fort potentiel de réduction vont être accompagnés. Enfin, une démarche de sobriété et de lutte contre le gaspillage va être engagée au sein des administrations publiques.

 

À partir de 2024, 30 M€ supplémentaires par an seront consacrés au soutien des pratiques agricoles économes en eau (irrigation au goutte-à-goutte…). De leur côté, les particuliers seront accompagnés pour l’installation de kits hydro-économes et de récupérateurs d’eau de pluie.

 

Pour optimiser la disponibilité de la ressource, l’État compte s’attaquer aux fuites d’eau (actuellement, un litre d’eau potable sur cinq est perdu pour cette raison). Dans cette perspective, 180 des 475 M€/an de dotations supplémentaires attribuées aux agences de l’eau seront dédiés au petit cycle de l’eau. À noter que les aides des agences de l’eau aux collectivités seront conditionnées à des objectifs de performance de gestion de leur patrimoine.

 

100 M€ pour les projets de désimperméabilisation

Par ailleurs, la réutilisation des eaux usées traitées va être encouragée avec, d’une part, la mise en place d’un observatoire dédié et, d’autre part, le déploiement d’un accompagnement aux porteurs de projets. À noter que, pour améliorer la qualité de l’eau, le gouvernement va consacrer dès cette année 100M€ pour financer des projets de renaturation et de désimperméabilisation des collectivités locales dans le cadre du fonds vert.

 

Parmi les 53 mesures, figure également la volonté de faciliter les conditions d’une intervention efficace des conseils départementaux en matière d’assistance technique et financière, et la mise en place par la Banque des territoires d’une nouvelle génération d’Aquaprêts à taux bonifié pour les collectivités territoriales.

 

Tarification progressive

À noter que le CESE (Conseil Économique Social et Environnemental) va être saisi d’une mission pour faire des recommandations sur la tarification progressive de l’eau. Enfin, un « Ecowatt de l’eau » est bien dans les cartons. Il s’agira d’un outil destiné à permettre à chacun de connaître les restrictions qui s’appliquent en fonction de sa géolocalisation.

 

Ce plan d’action présenté en fin de semaine dernière a déjà fait l’objet de nombreux commentaires. Ainsi, France urbaine salue « la prise de conscience gouvernementale », mais rappelle « sa ferme opposition à la définition des schémas en eau potable à l’échelle départementale ». De son côté, l’association Amorce « se félicite d’avoir été entendue par l’État en matière d’économie d’eau et de partage de l’effort », tout en appelant à « soumettre au débat parlementaire une grande loi de transition écologique de la gestion de l’eau ».

 

Sur le même sujet : lire notre dossier "Comment le numérique aide à la gestion de l’eau ?" dans le numéro 52 de Smart City Mag.

 

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