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Les dépôts sauvages enfin vaincus par les vidéo services ?

Technologie

Le fléau des dépôts sauvages de déchets, qui représente en moyenne, selon l’ADEME, 21 kg et 4,70 euros par an par habitant, touche une majorité des communes et est en forte progression. La vidéo détection pourrait faire régresser cette pratique et réduire le coût pour les collectivités.

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De nombreux services peuvent être gérés en associant images de vidéo protection et algorithmes, comme ici, l'occupation de places de stationnement.

Les dépôts sauvages de déchets constituent un problème majeur pour de très nombreuses collectivités, à la fois par leur nombre (4 en moyenne par ville par jour), par la mauvaise image qu’ils donnent de l’action des élus et des responsables de la propreté et, surtout, par leur coût. Par définition impossibles à prévoir, ils ne peuvent être intégrés dans les tournées de ramassage. Du coup, ces « ramassages exceptionnels » sont facturés par les prestataires délégataires de collecte entre 800 et 1500 euros… l’unité ! Un coût exorbitant qui s’explique par la nécessité de mobiliser un véhicule et du personnel pour chaque dépôt constaté.

William Eldin, CEO et co-fondateur de XXII

Pour lutter contre ce fléau, la société XXII (prononcer twenty two), un acteur des « vidéo services », pourtant peu familier de cet univers, travaille actuellement à la résolution du problème « par l’image ». Créée en 2015 par William Eldin, cette jeune société d’une cinquantaine de collaborateurs, conçoit des algorithmes qui traitent les images issues des caméras de vidéo protection. Ces algorithmes aident à la détection automatique d’événements - qui peuvent échapper aux opérateurs surveillant des dizaines d’écrans -, à leur caractérisation (dépôt sauvage, agression, véhicule à contresens…) et à leur traitement par l’application d’un moteur de règles.
Concrètement, dans le cas des dépôts sauvages de déchets, cette technologie consiste à détecter leur existence et à transmettre l’information au système d’information des prestataires de collecte pour que ces derniers les rajoutent en temps réel dans leurs tournées de ramassage. Finie, donc, la mobilisation de moyens exceptionnels et des lourdes facturations qui vont avec. Un POC (proof of concept) est actuellement en cours avec Suez dans la ville de Poissy et un autre a été lancé à Suresnes.


80 compétences couvertes

Ce principe de détection automatique d’événements et de transmission des données correspondantes « pour action » se décline également pour de nombreux autres usages, privés comme publics.
« Nous travaillons avec une trentaine de villes et de sites privés, explique William Eldin. Dans les villes, nous nous connectons au CSU (Centre de supervision urbain) et nous permettons aux utilisateurs de paramétrer leurs applications ».
Quelque quatre vingt « compétences » sont intégrées dans la « librairie » de XXII, ce qui permet aux agents de faire de nombreuses combinaisons grâce au moteur de règles du logiciel.
Ainsi, selon les instructions données à l’intelligence artificielle qui analyse les flux vidéo, on peut détecter des intrusions dans des périmètres protégés, des voitures garées en double file, des véhicules non autorisés sur des voies rapides, les dépassements de temps de stationnement…
Sur l’éclairage public, XXII travaille avec plusieurs de ses intégrateurs (Spie, Engie et Derichebourg, Eryma, NTI solutions…) pour relier le pilotage des points lumineux à la détection de présence humaine afin d’appliquer le niveau d’éclairement adéquat. Dans la mobilité, on peut piloter les feux rouges pour faciliter la circulation des véhicules de secours, faire passer au vert le feu pour piétons quand il n’y a pas de trafic la nuit… Le spectre de services est large pour cette société qui n’est sortie du bois qu’en septembre 2021, après 5 années et 20 M€ investis en R&D.


Une charte et un comité d’éthique

« Nous apportons de la data aux élus et aux services des collectivités », résume William Eldin. Des données qui, toujours selon le dirigeant, sont partagées « sans réticences entre les services ». Leur existence apporterait même de l’eau au moulin des patrons des services de sûreté, heureux de prouver ainsi que leurs caméras peuvent aussi « servir à autre chose » que la surveillance.
Ces services sont proposés sous la forme de « licences flottantes », qui peuvent passer d’un service à l’autre pour que chacun imagine et teste les usages qui pourraient lui être utiles. Une façon de faire qui permet aussi d’avancer progressivement sur les réticences et les réserves qu’acteurs publics comme citoyens peuvent éprouver à l’égard de la combinaison « vidéo protection + algorithmes ». Dans ce but, la société s’est aussi dotée d’une charte d’éthique (pas de reconnaissance faciale, pas de travail pour les militaires…) et d’un comité de pilotage éthique qui se réunit régulièrement pour discuter ce qui est possible de faire ou non sur les sujets qui ne sont pas encore tranchés par la loi.

 

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