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Flexitanie : la principale expérimentation V2G française est à mi-parcours

Transition énergétique

Le projet V2G (Vehicle to Grid) d'Occitanie est à mi-chemin de son déploiement avec une cinquantaine de bornes en cours d’installation. L’occasion de faire un point sur ce test grandeur nature, qui pourrait apporter des données essentielles au développement de cette technologie. Explications.

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Le projet Flexitanie est en passe d’atteindre la moitié du déploiement envisagé. En effet, alors que cette expérimentation V2G (Vehicle to Grid) vise à installer une centaine de bornes de recharge bidirectionnelles sur le territoire occitan, une cinquantaine d’entre elles sont désormais installées ou en cours de déploiement. Initié l’année dernière par EDF, la région Occitanie, l’Ademe et Ad’Occ afin de tester la faisabilité de dispositifs reposant sur la technologie V2G, ce projet de smart charging est le plus important en France par son ampleur.

 

L’idée directrice est de pouvoir stocker le surplus d’électricité produite (provenant notamment de panneaux solaires ou d’éoliennes) sur les batteries des véhicules électriques participant à l’opération, mais aussi de pouvoir aller chercher cette énergie pour la réinjecter dans le réseau en cas de besoin, notamment pour répondre aux fortes demandes (lors des pics de consommation du début de soirée par exemple) ou pour pallier un manque ponctuel de production (lorsque la météo ne permet pas d’exploiter le potentiel des moyens de production renouvelables).

 

EDF a confié à sa filiale Dreev (créée en partenariat avec la start-up californienne Nuvve), le soin de développer la technologie intégrée dans les bornes intelligentes reliées au réseau. « Nous savons qu’il y aura de plus en plus d’énergie dans le réseau, alors la question du stockage devient essentielle », explique Sylvain Vidal, délégué régional Occitanie chez EDF, « l’idée d’utiliser les véhicules électriques à cette fin s’inscrit dans notre volonté de déployer des services de flexibilité énergétique, mais cela prend du temps car il faut prospecter et convaincre les entreprises et les collectivités locales ». En effet, cette expérimentation repose uniquement sur des véhicules d’entreprises (principalement des PME) et de collectivités qui sont rémunérées pour l’énergie restituée sur le réseau (les utilisateurs restent prioritaires et peuvent paramétrer le niveau de batteries minimum dont ils souhaitent bénéficier le matin en prenant leur voiture).

 

Une véritable centrale virtuelle 

Agnès Langevine, vice-présidente de la région Occitanie en charge de la transition écologique et énergétique, de la biodiversité et de l'économie circulaire.

La région Occitanie, qui souhaite devenir la première région européenne à énergie positive (avec de l’énergie renouvelable produite localement) s’est montrée d’emblée très intéressée par le projet et y participe financièrement. « D’une manière générale, nous souhaitons accompagner des projets innovants qui traitent de la question des usages », explique Agnès Langevine, vice-présidente de la région en charge de la transition écologique et énergétique, de la biodiversité et de l'économie circulaire, « Flexitanie est un projet de territoire qui aborde aussi bien l’approvisionnement du réseau en énergie renouvelable que la problématique du stockage, c’est en fait une véritable centrale virtuelle ».

 

Une centrale virtuelle déployée à l’échelle d’une région et qui est dimensionnée pour une capacité d’1 MW. Pour l’heure, les villes de Blagnac, Villeneuve lez Avignon, Bagnols-sur-Cèze et Marciac participent au projet. Les déploiements sont en cours dans d’autres collectivités, notamment la ville et l'agglomération de Montpellier et la communauté de communes du Pont du Gard.

 

« En plus de favoriser l’intégration des énergies renouvelables dans le réseau et de trouver des solutions de stockage, nous sommes également à la recherche de données d’ordre économique et sociologique », ajoute de son côté Céline Vachey, directrice régionale adjointe de l’Ademe, « car tout cela repose tout de même sur l’appropriation de ce type de dispositifs par les usagers ». Sur ce point, l’Ademe a déjà constaté que la question de la rémunération était clé, tout comme la diversité de l’offre de véhicules compatibles au V2G (dans le projet Flexitanie, seuls deux véhicules de marque Nissan ont pour l’instant été validés). La somme des enseignements retirés de ce projet pilote permettront, peut-être, à la technologie V2G de faire la démonstration de sa pertinence. En tout cas, les partenaires de Flexitanie espèrent atteindre les 100 bornes installées dans les 18 mois.

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