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Mobilité : 8,9 milliards d’euros d’investissements envisagés sur deux ans

Aménagement du territoire

Les principales autorités organisatrices de la mobilité (AOM) ont prévu des investissements conséquents en matière de mobilité, relève France Urbaine. Mais l’association déplore l’insuffisance des subventions du Plan de relance et de la loi LOM ; une carence qui pourrait décaler les projets dans le temps, alors que la relance économique et la transition énergétique réclament des actions urgentes.

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Les agglomérations de plus de 200 000 habitants se disent prêtes à engager 8,9 milliards d’euros d’investissements, en 2021 et 2022, pour leurs projets de mobilité. Tel est l’une des principales conclusions d’une récente étude* réalisée par France urbaine et le Groupement des autorités responsables de transport (GART). « Ce montant témoigne du volontarisme des territoires urbains, qui n’a jamais été aussi important en matière de mobilité », commente Franck Claeys, délégué adjoint de France Urbaine, association regroupant les principales grandes villes de France, métropoles, communautés urbaines et communautés d’agglomération.Un volontarisme « porté par les enjeux de transition énergétique et de relance économique », précise-t-il.
Car dans le détail, une des « surprises » de cette étude est que les investissements liés au verdissement des flottes de bus (passage à l’électrique, à l’hydrogène ou au gaz naturel) représentent 1,2 milliard d’euros. Un montant « notable », estime France Urbaine, qui concerne l’achat de matériel roulant et auquel il faut ajouter 148 millions d’euros pour la transition écologique des infrastructures, principalement les dépôts de bus. « Ces investissements conséquents illustrent la prise en compte de l’urgence climatique par les territoires urbains », poursuit-on à France Urbaine.
Les investissements les plus élevés concernent le tramway. Les projets de nouvelles lignes, d’extensions et autres acquisition de rames représentent ainsi 3,4 milliards d’euros. Les projets de métro totalisent également 2,9 milliards d’euros. Mais ces deux domaines sont historiquement les plus coûteux. Il n’est donc pas surprenant qu’ils figurent en tête des plans d’investissements.
A plus long terme, les projets liés à la mobilité représenteront 19,8 milliards d’euros d’investissement d’ici 2026. Il s’agit des montants prévus dans les programmations pluriannuelles d’investissement (PPI) des principales agglomérations de plus de 200 000 habitants, membres de France Urbaine. De son côté, le GART relève que les collectivités de taille moindre, possèdent des projets à hauteur de 700 millions d’euros ; un montant porte sur une vingtaine des membres du groupement.


Des aides d’Etat insuffisantes

Ce recensement des montants d’investissement a été réalisé dans le cadre d’échanges avec le gouvernement sur la territorialisation du Plan de relance, indique France Urbaine. L’association souhaitait apporter des éléments de preuve sur le décalage existant entre les ambitions des collectivités et les subventions prévues par ce plan ainsi que ceux du 4ème appel à projets de la loi LOM.
Plus précisément, ces deux dispositifs prévoient 1,350 milliard d’euros d’aides pour les projets de mobilité dans les territoires (respectivement 900 et 450 millions). Des montants qui paraissent plutôt faibles par rapport aux investissements prévus par les collectivités, qui sont donc plus de six fois supérieurs. Par ailleurs, le Plan de relance prévoit que 700 millions soient dédiés à l’Ile-de-France. « Cela laisse peu de subventions pour les autres territoires », déplore l’association.
France Urbaine a présenté les résultats de cette étude en février aux équipes de Jacqueline Gourault, Ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales. Mais l’association n’a pas obtenu gain de cause, du moins pas pour l’instant. Aucune rallonge budgétaire n’a été accordée par le gouvernement. « Nous avons obtenu une clause de redéploiement des crédits à une date ultérieure. Le dialogue n’est donc pas rompu », confie cependant l’association. « Le risque est que les projets des territoires en matière de mobilité soient décalés dans le temps, faute de moyens. Cela est plutôt dommage car la relance économique, comme la transition énergétique, requièrent des actions urgentes », conclut Franck Claeys.

 

* Recensement des montants d’investissement réalisé auprès de 38 collectivités adhérentes de France urbaine, sur les 46 autorités organisatrices de la mobilité (AOM) membres de l’association. Un panel représentant la quasi-totalité des AOM de plus de 200 000 habitants, à l’exception notamment de l’Ile-de-France.

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