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[TRIBUNE] Non, la camionnette électrique ne suffit pas pour décarboner la logistique urbaine en ZFEm !

Logistique urbaine

Tribune rédigée par Amauric Guinard, cofondateur de SOFUB, filiale de la FUB et de Sonergia

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La cyclologistique peut-être une des solutions qui permettent de concilier activité commerciale et qualité de l'air en ville.

Certains transporteurs nationaux ont investi massivement dans le rétrofit1 de leur parc et dans l’achat de véhicules électriques et biogaz pour abandonner leurs camionnettes diesel vieillissantes. Cela permet de diminuer l’impact du véhicule lui-même - si l’on fait fi du bilan carbone de sa fabrication et de l’incapacité du parc nucléaire d’assumer ce besoin additionnel en électricité avant quinze ans - mais cela n’évite pas les émissions liées à la congestion qu’il continue à alimenter, voire à provoquer.

Amauric Guinard, cofondateur de SOFUB

Il est en effet reconnu que le transport de marchandises est à l’origine de 50 % de la congestion urbaine aux heures de pointe2 et de 30 % de la pollution de l’air3 , elle-même à l’origine de 48 000 décès chaque année en France4. Ce sont également de très nombreuses maladies respiratoires qui touchent particulièrement les personnes vulnérables.
L’évolution de nos modes de consommation vers le « tout livré tout de suite » que la crise covid a accéléré, ne fait qu’aggraver la situation.
C’est un vrai sujet pour les collectivités territoriales soucieuses de préserver la santé de leurs administrés tout en préservant l’activité économique de leurs entreprises.
Cette réponse via les camionnettes électriques est donc nécessaire mais non suffisante. Il est crucial de développer l’usage de modes alternatifs, comme les transports fluviaux, ferroviaires et, pour les premiers et derniers kilomètres des livraisons : la cyclologistique.


Confier plus de colis à la cyclologistique

En effet, en plus d’avoir une efficacité en zone dense qui dépasse de plus de 40 % celle d’un véhicule utilitaire léger5 – principalement grâce à la facilité de stationner et de circuler - la cyclologistique n’alimente pas la congestion urbaine, n’émet ni gaz à effet de serre ni particules fines, et ne génère pas de pollutions sonores.
Pour rappel, le secteur des transports est le premier émetteur de gaz à effet de serre6 et 54 % des Français considèrent les bruits des transports comme la principale nuisance urbaine7.
L’émancipation de ces modes de livraison alternatifs n’est donc pas une option si l’on veut préserver ou plutôt retrouver des centres-villes apaisés et respirables.
Certaines collectivités situées en ZFEm ont fait le choix - dans le cadre de leur feuille de route qualité de l’air - de mettre en place une interdiction progressive de leur centre-ville à certaines catégories de véhicules. Pour s’y adapter, des solutions d’accompagnements existent, permettant aux entreprises d’utiliser une logistique plus respectueuse de l’environnement. La mise à disposition de foncier pour créer des Entrepôts de Logistique Urbain (ELU) en est un parfait exemple !
Tout renforcement du système vélo en place avec notamment, des infrastructures permettant la coactivité entre déplacements domicile/travail et logistique urbaine, ou la création de stationnement sécurisé pour les vélos cargo sont également un moyen indirect de soutenir son développement.
Cela peut aussi passer par l’incitation des transporteurs/chargeurs à confier plus de colis aux entreprises de cyclologistique pour leur permettre de gagner en densité de tournée de livraison et donc en compétitivité.


Réduire les trajets pour réduire leur impact

C’est ce que propose jusqu’en 2025 le programme CEE Colisactiv’, dont bénéficient déjà des villes comme Lyon, Angers, Rouen ou Vincennes et qui reste ouvert à toutes les métropoles/EPCI concernées par la mise en place d’une ZFEm et voulant développer la cyclologistique. Ce programme est aussi une bonne occasion de mieux connaitre son territoire et d’inspirer sa politique d’investissement grâce à la cartographie des densités de livraison qu’il permet.
Le meilleur moyen de réduire l’impact de la logistique urbaine reste de réduire les trajets et donc de mutualiser les flux. Une solution simple mais qui peut sembler à contretemps serait d’inciter les consommateurs à attendre un peu plus longtemps une commande pour favoriser des livraisons en tournée et non « on demand » comme c’est trop souvent le cas aujourd’hui.

1 - Transformation des véhicules thermiques en électriques ou, par exemple, en GNV
2 - CEREMA 2022
3 - Etude Rolland Berger 2020
4 - Etude Santé publique de 2016
5 - Etude de l’Université de Westminster relayée par The Guardian
6 - SDES
7 - Enquête Indigo 2021

 

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