Une initiative universitaire pourrait accélérer le déploiement de projets de territoires connectés et durables. Les neuf étudiants en formation initiale du master Electronique et systèmes embarqués de l’Université Savoie Mont-Blanc ont conçu un module logiciel permettant de contrôler des automates avec le protocole BACnet. Le premier usage identifié est la télégestion de l’éclairage public.
Le syndicat d’énergie de l’Oise (SE60) est à l’origine du projet. « Nos armoires de contrôle de l’éclairage public fonctionnent avec des automates industriels. La modification des armoires pour l’intégration des automates a un coût et nous n’avons pas trouvé de solution compacte BACnet/4G sur étagère pour les équiper avec le même encombrement qu’une simple horloge de commande. Lors d’un échange, Sylvain Montagny s’est proposé de développer un équipement logiciel dans le cadre du master qu’il dirige », explique Thomas Bertanier, directeur des écosystèmes énergétiques connectés, qui s’est immédiatement réjoui de cette collaboration entre la recherche et le public.
« Toutes les collectivités ont des besoins concernant la gestion de l’éclairage public. Certaines ne peuvent pas financer une modernisation de leur système. Nous avons donc voulu fournir une solution sans prérequis de connectivité et sans câblage à réaliser », justifie Sylvain Montagny, professeur agrégé à l’Université Savoie Mont-Blanc.
De l’éclairage public à la GTB, en passant par la flexibilité électrique
De septembre à mars, les étudiants se sont attelés à valider le bon fonctionnement du module à installer dans les automates des armoires d’éclairage public, connectés en 4G. « La gestion de calendriers est native dans le BACnet. Pour établir des plannings que devront exécuter les automates, il est plus pertinent de l’utiliser que de tenter des interfaçages entre différents protocoles », souligne Sylvain Montagny.
Le programme a été développé en open source pour permettre aux territoires de se l’approprier librement dans leurs marchés d’éclairage public. L’atout pour les collectivités est de bénéficier d’un dispositif simple et réplicable, mais aussi économique. « Le module devrait représenter un coût cinq fois inférieur à celui des équipements dédié à l’éclairage public », estime Sylvain Montagny.
La deuxième phase de ce projet soutenu par ACTEE et la FNCCR consistera, pour le SE60, à concevoir une application de programmation et de gestion des projets de territoire intelligent. Celle-ci permettra aux élus de paramétrer des plages horaires d’allumage et d’extinction de l’éclairage public, et de les modifier en temps réel en fonction des événements dans sa collectivité. Thomas Bertanier est en train de constituer une équipe dédiée à la gestion de cette application. Le détail complet de son fonctionnement sera dévoilé lors de l’événement REX, le 16 juin prochain.
La prochaine étape sera l’expérimentation dans les communes, au second semestre de l’année, et l’utilisation de cette brique pour contrôler la GTB des bâtiments. « Nous envisagerons par la suite le contrôle de la gestion des opérations d’autoconsommation collective ou encore le smart charging », annonce Thomas Bertanier, qui compte fédérer plusieurs syndicats d’énergie et s’appuyer sur ACTEE et la FNCCR pour donner à cette solution de solides perspectives de déploiement. Un projet à suivre.
Retrouvez le témoignage de Thomas Bertanier à REX le 16 juin et celui de Sylvain Montagny le 17 juin sur le protocole LoRaWAN. Programme et inscription : https://www.rex-tcd.fr/



