La sécurité et la reconstruction sont les priorités pour l’Ukraine. Qu’est-ce qui a motivé votre participation au salon Smart City Summit Expo, dédié aux villes durables ?
Je suis adjoint au maire chargé des anciens combattants à Lviv, une ville située près de la frontière avec la Pologne. C’est une ville relativement sûre dans le contexte actuel, car les combats ne s’y déroulent pas directement. Mais j’ai été pendant deux ans commandant d’une unité médicale dans une brigade aéroportée, sur les zones les plus difficiles du front.
En tant que vétéran, je sais que la guerre est une chose terrible. Je comprends aussi qu’elle peut représenter une opportunité de repartir de zéro et de se reconstruire. Nous pensons que nous pouvons apprendre les uns des autres, partager des connaissances et trouver ensemble de nouvelles solutions, à la fois technologiques et humaines. Car les challenges qui se posent ne concernent pas seulement l’Ukraine, mais le monde entier. Ici, nous cherchons à développer notre réseau pour ces besoins.
Comment définissez-vous la smart city dans votre contexte ?
Pour des pays comme Taïwan, la smart city est souvent associée à des services aux habitants. En Ukraine, et notamment dans ma ville, c’est avant tout une opportunité de développer de nouveaux partenariats. Aujourd’hui, l’Ukraine n’est plus un pays du « tiers monde » ni simplement un pays postsoviétique : nous voulons être considérés comme un nouveau partenaire, doté de nouvelles capacités et de nouvelles connaissances apprises pendant la guerre.
La guerre en Ukraine est devenue très technologique. Intégrez-vous de nouveaux outils numériques dans la gestion de la ville ?
Oui bien sûr. Déjà, nous utilisons davantage de caméras. Nous allons intégrer les technologies issues du contexte militaire dans des usages civils. Par exemple, les drones pourront être utilisés pour surveiller les incendies, aider les services de secours (médicaux ou les pompiers) ou même pour des usages dans l’agriculture. Les technologies de guerre seront transformées en technologies de paix.



