RuraliTIC : la transformation numérique de la communauté d’agglo d’Aurillac

Notre première difficulté, c’est l’effet de seuil, de masse

Fin août, la 13ème édition du forum RuraliTIC se tiendra à Aurillac. À cette occasion, Michel Roussy, le président de la CABA, la communauté d’agglomération du bassin d’Aurillac, présentera les projets numériques menés sur son territoire. Il nous en expose une partie, accompagné de Jean-Paul Nicolas, vice-président en charge des Techniques d'information et de communication.

Michel Roussy (à droite), président de la CABA, et Jean-Paul Nicolas (à gauche), vice-président en charge des Techniques d'information et de communication.
Michel Roussy (à droite), président de la CABA, et Jean-Paul Nicolas (à gauche), vice-président en charge des Techniques d'information et de communication.

En matière de projets numériques, où en êtes-vous à la communauté d’agglomération ?
Michel Roussy : Notre action principale porte sur l’infrastructure, avec le développement de la fibre pour couvrir tout notre territoire d’ici 2020. Nous nous interrogeons également sur les usages et les dimensions économiques du numérique. Nous développons actuellement plusieurs projets : la télégestion du réseau de distribution d’eau et d’assainissement, l’information voyageur en temps réel pour les bus, la visite en réalité augmentée du Rocher de Carlat...
Jean-Paul Nicolas : Nous avons également développé un outil pour que nos petites communes développent leurs propres sites web. Une dizaine s’en est déjà emparé, de même que le centre aquatique, la médiathèque ou encore le site de l'Office de Tourisme.

 

Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez dans la transformation numérique de votre territoire ?
M.R. : notre première difficulté, c’est l’effet de seuil, de masse. Notre communauté d’agglomération compte près de 60 000 habitants, et c’est peu pour bénéficier de subventions conséquentes... Les coûts de développement, par exemple pour créer une billettique unifiée permettant l’interconnexion de plusieurs réseaux de transports, sont trop élevés.
J-P.N. : L’autre problème pour un territoire comme le nôtre, c’est la ressource humaine. Nous voulons soutenir l’installation d’entreprises ici, mais pour cela nous devons attirer du personnel qualifié qu’elles pourront recruter. Pour l’instant, les ingénieurs préfèrent rester dans les grandes villes ! Nous menons donc des actions pour faire connaître notre territoire auprès des étudiants, et nous travaillons au lancement d’un DUT en sécurité des données pour la rentrée 2019.

 

La concurrence et la complémentarité entre les métropoles et les territoires ruraux seront des sujets abordés lors de RuraliTIC. De quel côté penche la balance pour vous ?
M.R. : Nous sommes inquiets de l’extension des métropoles. Nous craignons qu’il n’y ait plus qu’elles et la ruralité, sans intermédiaire entre les deux. Or, les villes moyennes ont un rôle important à jouer. L’Etat doit aider à leur développement, et une démarche telle que le programme Action cœur de ville, porté au niveau national, va dans ce sens.

 

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