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[Reportage] Lhyfe inaugure son 1er site et lève 50 millions d’euros pour industrialiser l'hydrogène vert

Hydrogène

La start-up nantaise lance la production commerciale d’hydrogène vert à partir d’éoliennes, dans son usine de Bouin en Vendée. L’objectif : adresser les acteurs de la mobilité et de l’industrie. Une soixantaine de projets devraient suivre.

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Le producteur nantais d’hydrogène vert, Lhyfe, a inauguré son site industriel, jeudi 30 septembre. « Il s’agit du premier site au monde capable de produire de l’hydrogène vert à partir d’énergie éolienne, à l’échelle industrielle », assure Matthieu Guesné, le fondateur. Dans le bâtiment de 4 000 m2, 300 kg d’hydrogène sont produits par jour depuis le mois d’octobre 2021. Progressivement, le site espère faire passer sa production à une tonne quotidienne. Une quantité qui permettra d’alimenter la flotte de bus et de camions poubelle d’une ville comme La Roche-sur-Yon. A terme, l’idée de Lhyfe est de construire des unités ayant une capacité de production 10 fois plus importante. Grâce à 10 tonnes d’hydrogène vert par jour, il est en effet possible d’alimenter toute la flotte de véhicules d’une ville comme Nantes.
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Pour faire le plein d’un véhicule, il faut compter 5 à 6 kg d’hydrogène. Lhyfe commercialise pour le moment son énergie autour de 12 € le kg mais souhaite, grâce aux économies d’échelle, faire baisser ce tarif à 9 €. « L’objectif est qu’il n’y ait pas de fracture entre les différents territoires. Nous voulons faire en sorte que toutes les collectivités puissent s’équiper et que cela ne soit pas accessible seulement aux grosses métropoles », indique Matthieu Guesné. L’hydrogène produit à Bouin va d’abord alimenter quatre stations-service de l’Ouest dont celle de La Roche-sur-Yon, opérationnelle dans les prochains jours. Une cinquantaine de véhicules lourds, bus, bennes à ordures ménagères pourront rouler à l’hydrogène renouvelable dans les départements de la Loire-Atlantique, de Sarthe et de Vendée.
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L’usine est reliée par 3 kilomètres de câbles au champ éolien de Bouin, en Vendée. Composé de huit éoliennes capables d’alimenter 50 000 habitants, ce parc a été mis en service en 2003 et est l’un des plus vieux de France. Pour Lhyfe, l’idée est d’implanter ses sites à proximité d’une source d’énergie éolienne et de distribuer sa production dans un rayon de quelques kilomètres. Léger, l’hydrogène se transporte en effet très mal. Le Mans, la Roche-sur-Yon et Saint-Nazaire devraient bientôt avoir leur propre site.
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La commune de Bouin est située sur la côte Atlantique, ce qui présente un autre atout pour Lhyfe. La société souhaite en effet produire de l’hydrogène vert en mer. Elle vient d’ailleurs de créer un projet nommé Vhygo pour Vallée hydrogène grand Ouest qui vise la production de 5 tonnes d’hydrogène vert par jour d’ici 2024 grâce à 10 sites, installés aux pieds de parcs éoliens offshore. Trois premiers électrolyseurs seront installés à Dieppe, Lorient et Brest. Le projet regroupe Engie solutions, Morbihan énergies, le département de la Manche, le Sydev (service public de la distribution des énergies vendéennes), Brest métropole, Dieppe maritime, la Carene (communauté d’agglomération de la Région Nazairienne), Eodev (filiale du groupe Energy Observer) et le Sydela (syndicat départemental d’énergie de Loire-Atlantique).
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Matthieu Guesné, le dirigeant de Lhyfe, est un ancien chercheur du CEA, le commissariat à l’énergie atomique. II y dirigeait trois centres de recherche et travaillait notamment sur les énergies renouvelables et l’hydrogène. C’est en 2017 qu’il crée Lhyfe pour « décarboner les transports et l’industrie » en s’affranchissant des problématiques d’autonomie et de recharge.
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Lhyfe a investi 10 millions d’euros dans son premier site. Pour cela, la société avait levé 8 millions d’euros en amorçage puis rassemblé 3 millions d’euros supplémentaires. Désormais, elle souhaite accélérer. Elle vient d’annoncer qu’elle avait levé 50 millions d’euros pour financer des emplois et la création de ses futurs sites. Il s’agit de la plus grosse levée de fonds à Nantes et d’une des plus importantes en France. « Nous sommes en train d’écrire une histoire que l’on voit d’habitude en Californie », estime Matthieu Guesné. 30 millions d’euros serviront à financer les emplois. Les 20 millions restants seront investis dans les futurs sites de la société qui porte environ 60 projets.
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La société emploie désormais 60 salariés. Trois fois plus qu’il y a six mois. Et elle s’apprête de nouveau à recruter 80 salariés. Des ingénieurs principalement mais également des commerciaux pour vendre son hydrogène vert en France et à l’étranger en implantant de nouveaux sites de production. « Notre stratégie, c’est de faire une énergie décentralisée. On multiplie les sites de production pour être à proximité de nos sources d’énergie », précise le dirigeant. Grâce à sa levée de fonds, Lhyfe va implanter trois nouveaux sites. Un en Italie à côté d’une aciérie, un deuxième en Allemagne en lien avec des acteurs de la mobilité et un dernier au Danemark pour une industrie dans la chimie. L’idée est d’y produire du méthanol, à côté d’un champ éolien. Pour construire ses unités, Lhyfe co-investit avec des collectivités ou des industriels.
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