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La Normandie s’équipera du premier car à hydrogène français

Hydrogène

Il reliera Rouen à Evreux, en passant par Pont de l’Arche et Louviers. Le premier car rétrofité (modifié pour rouler à l’hydrogène) verra le jour en Normandie d’ici 2022.

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Le prototype du car rétrofité devrait voir le jour début 2022. Onze car rétrofités devraient ensuite desservir la ville de Rouen en 2022, neuf s’implanteront au Havre et trois à Dieppe.

Retirer le système de propulsion thermique d’un car âgé de 5 ans pour le remplacer par un moteur électrique, une pile à combustible, une batterie et un réservoir hydrogène. C’est ce que va réaliser l’entreprise IBF H2 pour fournir un car « rétrofité », roulant à l’hydrogène à la Région Normandie. « Il s’agira du premier car de ce type au monde, qui transportera des voyageurs », assure Hervé Morin, le président du conseil régional. Le « Nomad car hydrogène » (à ne pas confondre avec les bus à hydrogène) reliera ainsi la ville d’Evreux à celle de Rouen, en passant par Louviers et Pont de l’Arche. Un itinéraire choisi, car bientôt maillé par plusieurs stations de recharge hydrogène. Le groupe de transport Transdev, qui porte le projet aux côtés de la Région Normandie, a donc créé un partenariat avec le syndicat intercommunal d’électricité et de gaz de l’Eure, Siège 27, pour s’approvisionner dans les stations hydrogènes Eas-Hymobse trouvant sur le trajet.

 

350 000 € contre 800 000 € pour un bus hydrogène neuf

Ce nouveau car, silencieux et rejetant de la vapeur d’eau, sera un véhicule pilote. « L’idée est de voir ensuite comment nous pouvons lancer un véritable projet industriel », estime Thierry Mallet, le PDG du groupe Transdev, qui déploie en parallèle des bus thermiques et électriques dans la région. Le prototype du car rétrofité devrait voir le jour début 2022. Onze car rétrofités devraient ensuite desservir la ville de Rouen en 2022, neuf s’implanteront au Havre et trois à Dieppe. Puis, dès 2023, l’objectif est de transformer une dizaine de véhicules. « L’idée est d’avancer sur toutes les énergies pour que la transition énergétique ait un coût raisonnable », complète le président de la Région, qui dispose également de bus électriques et au gaz. Pour décarboner les transports en commun rapidement, le retrofit prend d’ailleurs tout son sens. « Ce premier car devrait coûter 350 000 € », indique Fernand de Sousa, le p-dg d’IBF H2. Quand le prix d’un bus hydrogène neuf se situe autour de 800 000 €. Un bus articulé peut même coûter jusqu’à 1,2 million d’euros contre 200 000 € pour un car roulant au diesel. En revanche, impossible de comparer les prix avec un car hydrogène neuf puisqu’aucun véhicule n’a été mis sur le marché pour le moment. « Les véhicules hydrogène sont encore très chers, confirme Hervé Morin.L’industrialisation permettra de réduire les coûts, mais le rétrofit permet déjà de les abaisser et a un double intérêt sur le plan environnemental. »

Si le « Nomad car » est le premier à voir le jour, c’est notamment parce que le cadre légal qui permet de transformer un car thermique en car hydrogène existe depuis peu de temps. Après trois ans de lobbying auprès des pouvoirs publics et des fédérations professionnelles, la fédération nationale de l’artisanat automobile (FNA), qui agit en faveur du rétrofit, a finalement réussi à convaincre. Un décret, pris le 13 mars, est paru au Journal Officiel le 3 avril 2020 pour autoriser la transformation des véhicules thermiques, qui ne sont plus sous garantie constructeur, en électriques.

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