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Vendée : la seconde vie des batteries électriques

Energie

Le projet énergétique PhARRE est expérimenté depuis quelques jours au siège du syndicat énergétique SyDEV, à La Roche-sur-Yon. Déjà « utile et fonctionnel » il doit surtout devenir « reproductible » ailleurs.

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Les batteries électriques au sous-sol du SyDEV, à La Roche-sur-Yon © Thibault Dumas

Comme des dominos, les quatre anciennes batteries électriques de Kangoo ZE sont alignées dans une salle attenante au parking souterrain. Des câbles colorés relient ces 48 kWh de capacité maximale à une grande armoire grise garnie d’unités centrales. C’est elle qui, en bonne intelligence avec les 200 m2 de panneaux solaires (39,5 kWc) posés sur le toit, cinq étages plus hauts, va décider de stocker l’énergie solaire produite ou de la consommer immédiatement. « On la décharge au pic de consommation, un froid lundi matin de mars par exemple, quand tous les chauffages sont allumés. Et on la charge quand il y a du soleil en heures creuses, la veille, un dimanche après-midi », schématise Pierre Vanstoflegatte, directeur général du pôle Énergies & Services de Bouygues Construction, partenaire technique du projet. Le gain énergétique est alors de l’ordre de 5 à 7 %, sans compter l’économie de souscription de puissance.

Cette « expérimentation grande nature », baptisée PhARRE - pour photovoltaïque, autoconsommation, recharge, réseaux électriques - a débuté ce 21 septembre au siège du syndicat départemental d’énergie et d'équipement de la Vendée (SyDEV), à La Roche-sur-Yon. « À partir du moment où a débuté cette production d’énergie sur le toit, la question du circuit court s’est posée. On veut faire de ce bâtiment public, un bâtiment exemplaire » campe Alain Leboeuf, président du SyDEV. Le projet est autofinancé à hauteur de 100 000 euros, complétés par une subvention de 50 000 euros de la région Pays de la Loire.

 

« Soit on recycle, soit on réutilise »

Il a fallu d’abord trouver des batteries d’automobile au lithium-ion à réutiliser. « Elles vivent trop longtemps ! » en rigole Alain Leboeuf. En l’occurrence, une dizaine d’années (1 000 à 1 500 cycles de recharge), en théorie, puis encore une dizaine d’autres dans cette seconde vie. Avec « un rendement de 75 %, satisfaisant pour stocker et réutiliser de l’énergie, mais pas assez pour un véhicule électrique, note Ziad Dagher, secrétaire exécutif de l'unité commerciale VE de Renault. Soit on essaye de les recycler complètement avec toute la complexité que cela induit, soit on les réutilise sur leur fonction première ». Une activité naissante pour le constructeur automobile, qui a triplé ses ventes d’accumulateurs usagés en 2019.

Mais le projet de La Roche-sur-Yon est-il vraiment reproductible ? « Ce n’est pas pour nous amuser ou nous faire remarquer que nous le montons. C’est parce qu’il faut que nous inventions ce modèle utile, fonctionnel et reproductible » confirme Alain Leboeuf, du SyDEV. D’autres implantations d’essai sont d’ailleurs déjà dans les cartons à Talmont-Saint-Hilaire ou Saint-Michel-en-l'Herm, toujours en Vendée. Avant, peut-être, une utilisation chez les particuliers. « Un véhicule reste en stationnement 95 % du temps à la maison ou ailleurs, donc clairement on peut l’utiliser aussi pour alimenter le réseau électrique, souligne Pierre Vanstoflegatte. Simplement, il faut trouver l’équation économique pour que cela soit intéressant au vu des coûts d’installation. »

 

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