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Ne laissez pas Google gérer nos villes !

Livre

Consultant et fondateur du cabinet Civiteo, qui conseille les collectivités sur les sujets liés à la gestion des données publiques, Jacques Priol est également membre fondateur de Data Publica, une alliance de trois cabinets de conseil et d’un cabinet d’avocats qui poursuit le même but. Conseil de la ville de Toronto sur le projet de smart city avec Sidewalk Lab, filiale d’Alphabet, il a vécu l’expérience de suffisamment près pour mettre en garde les acteurs publics français.

Le titre ne fait pas mystère sur la position de l’auteur. En intitulant son ouvrage 'Ne laissez pas Google gérer nos villes !', Jacques Priol, consultant et conférencier, fondateur du cabinet Civiteo, coupe l’herbe sous le pied au chroniqueur qui serait tenté de spoiler le sujet. Et le sujet, l’auteur le connaît bien de l’intérieur, puisqu’il a accompagné la ville de Toronto dans le projet de Quayside, une friche portuaire sur les bords du lac Ontario dont l’aménagement a été entièrement confié à Sidewalk Labs, une filiale d’Alphabet, la maison mère de Google.
Baptisé par facilité "la smart city de Google", ce projet prévoyait la construction d’une ville nouvelle totalement pilotée par la donnée, dans l’idée d’exporter et de développer par la suite ce nouveau modèle de développement urbain. Or, le 7 mai 2020, date à laquelle devait initialement sortir le livre de Jacques Priol, Google a jeté l’éponge et abandonné le projet sous prétexte de crise sanitaire. En réalité, un tel modèle de ville dérange. Trop curieux des faits et gestes de ses habitants (à travers les données), il indispose tous les défenseurs des données personnelles. Pour innovant qu’il puisse être techniquement, le sujet ne passe pas. A cela s’ajoutent les maladresses de communication de l’opérateur en direction des peuples autochtones qui ont accentué le malaise et le rejet.
"Ne laissez pas Google gérer nos villes !" est un ouvrage accessible à tout le monde, mais qui vise particulièrement les élus et les cadres territoriaux en responsabilité sur ce type de sujets. Si le cas de Toronto ne se pose pas du tout dans les mêmes termes en France, le risque peut exister de se laisser tenter par un certain « solutionnisme technologique » et de se laisser prendre au jeu de la compétition territoriale, car la ville intelligente est indéniablement facteur d’attractivité et de performance. Jacques Priol n’encourage en aucune manière les acteurs publics à se détourner du sujet des territoires intelligents mais, à travers cet ouvrage pédagogique, documenté et parsemé d’exemples, il lance un appel à la prudence et à la réflexion.

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